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Traitement médiatique anxiogène et décrochage violent des principales places boursières…
Nul n’a pu échapper ces derniers jours aux craintes que suscite le Coronavirus.

En apparence quasi-ignorées il y a peu par les opérateurs, les conséquences économiques éventuelles du Coronavirus ont brutalement fait leur retour dans les salles de marché.
Comme nous l’aborderons ensuite, les opérateurs ont fait preuve de complaisance en début d’année. Il est désormais probable que les prochaines semaines permettront cette fois de souligner l’excès avec lequel ils ont ensuite réagi. Bien aidés par les banques centrales, les marchés ont résisté ces dernières années à des événements majeurs tels que la guerre commerciale, le Brexit ou la quasi-faillite d’un état européen(Grèce)… Il parait en ce sens bien excessif d’imaginer un virus moins meurtrier que la grippe saisonnière mettre fin au cycle boursier en cours depuis près d’une décennie. Jérôme Powell (1), Président de la Réserve fédérale des États-Unis (FED), s’est d’ailleurs empressé de déclarer vendredi qu’il était prêt si nécessaire à soutenir l’économie et les marchés. Le vaccin est à l’évidence plus facile à trouver à Wall Street que sur le plan médical !

Heureusement, le véritable vaccin ne sera pas nécessaire pour enrayer l’épidémie. Comme le soulignait la société H2O AM dans sa dernière communication (2), une logique de confinement (réduction du nombre de cas) ou d’atténuation (capacité de l’homme à développer une immunité face à un virus nouveau) pourraient permettre d’enrayer le phénomène. Le pic de cas déclarés aurait d’ailleurs selon les dernières données d’ores et déjà été atteint en Chine…

Pourquoi le marché a-t-il dans un premier temps fait preuve de complaisance ?

Le précédent du SRAS a pris un peu trop de place dans les grilles de lecture. Le poids de la Chine dans l’économie mondiale (et surtout sa croissance) n’est plus le même qu’au début du XXIème siècle. Surtout, se concentrer sur le nombre de morts n’avaient finalement que peu de sens : la grippe saisonnière fait chaque année plus de victimes (3) et n’a, à notre connaissance, eu que peu d’impact sur le S&P 500 et autres CAC 40 par le passé… Cette même grippe saisonnière à qui l’on peut prêter près de 650 000 victimes sur le seul hiver 2016-2017 dans le monde selon l’OMS. En revanche, les mesures prises pour enrayer la propagation du virus au nom de breuvage mexicain ont un impact économique plus important (exemple de la mise en quarantaine de villes , comme est venu nous le rappeler le cas italien). Un impact économique pour le moment impossible à quantifier. Le cocktail somme toute classique de toute correction boursière qui se respecte : peur de l’inconnu et de l’incertitude.

Quel impact économique ?

Evidemment, la clé réside avant tout dans les réactions des autorités.

Inutile de souligner l’impact dévastateur d’une mise en quarantaine généralisée. Avant de vendre toutes nos positions et de les basculer sur une valeur « stay at home » comme Netflix (4), il faut tout de même savoir raison garder. Nos dirigeants politiques ne semblent pas céder à la panique et se contentent pour le moment de mesures cosmétiques destinées à enrayer tout reproche futur d’inaction.
Comment lire autrement l’interdiction faite aux entraineurs de football de se serrer la main lors des compétitions officielles, alors même qu’il est toujours possible de partager nos microbes respectifs dans les transports en communs aux heures de pointe ?
Ceci témoigne bien que nous ne sommes davantage face à plan marketing pour le moment.
De manière plus rationnelle, la consommation reste selon les dernières données robuste. La baisse du prix des matières premières constatée ces derniers temps a déjà par le passé témoigné de son statut indirect de plan de relance…
Comme évoqué en préambule, les banques centrales resteront à la manoeuvre si les tensions boursières s’intensifiaient.

Et maintenant, dans nos allocations :

Il est tout d’abord primordial de noter que nos différentes allocations disposent de marge de manoeuvres importantes en terme de budget risque (volatilité). L’opportunisme peut donc s’exprimer avant tout par l’action des gérants sélectionnés, et à la marge par les opérations d’achats à bon compte que nous sommes susceptibles de mener dans les jours/semaines à venir.

Comme nous avons pu brièvement l’évoquer dans notre précédente communication sur le sujet, la peur est mauvaise conseillère de patrimoine. les nouvelles qui sont le plus susceptibles de provoquer des trous d’air boursiers sont par essence le plus souvent imprévisibles. Chaque épisode de ce style nous rappelle la nécessité de respecter l’horizon de placement et le bienfait de la diversification des moteurs de performances. C’est la sérénité née de la combinaison de ces deux piliers que vient la capacité à traverser ces périodes de stress.

À notre avis, bien que violent, l’impact d’une pandémie est par essence ponctuel. Il ne devrait se faire sentir que sur un ou deux trimestres. Les récessions traditionnelles sont beaucoup plus longues, le processus d’ajustement prenant entre un (stocks, dette des entreprises) et trois ans, voire plus (dette immobilière). Les décideurs politiques ont pris et prendront des mesures significatives à la fois sur le plan budgétaire et monétaire pour limiter le stress des entreprises et des ménages, réduire la contraction économique et relancer l’activité. En particulier, la Fed pourrait baisser davantage ses taux et devrait prolonger ses achats de T-Bills. L’impact positif de cette stimulation continuera à se faire sentir pendant plusieurs trimestres, même après la disparition de l’impact négatif du virus, assurant ainsi une reprise économique en forme de V.

Stratégiquement, nous nous sommes attachés ces dernières années à sélectionner des expertises capable de s’adapter voir de profiter d’épisodes de stress passagers pour créer
de la valeur à long terme.
Des fonds comme Tikehau Income Cross Assets, très représentés dans nos allocations, ont déjà communiqué sur le fait d’avoir sensiblement remonté leurs allocations à la faveur de la correction récente (de 15.8% d’exposition actions à 28% au 27/02).
D’autres, comme Sextant Grand Large, Acatis Gané Value disposent de cash à investir dans ces phases de correction. Un épisode anxiogène comme celui que nous sommes en train de vivre constitue l’occasion de rééquilibrer les pondérations de nos différentes allocations. Ainsi ,nous avons à vendredi soir renforcé l’exposition à H2O Multiequities susceptible de nous faire bénéficier d’un rebond violent. De manière tactique, nous avons également acheté sur la gap baissier d’ouverture de vendredi l’ETF UCIT CAC 40 sur l’ensemble de nos portefeuilles éligibles.

Il faut évidemment s’attendre à de fortes fluctuations sur les marchés financiers au cours des prochains mois. Mais ces fluctuations sont sources d’opportunités pour les investisseurs de moyen/long terme.