Note réalisée en collaboration avec la société de gestion WiseAM.

Devant les évolutions récentes de la crise sanitaire et économique liée à l’épidémie de coronavirus, nous avons décidé d’essayer d’apporter des informations régulières tant sur l’économie que sur les actions réalisées dans les portefeuilles. Ainsi, nous publierons chaque jour un Flash rapide et succinct des faits principaux de la veille et des opérations réalisées par notre société de gestion.

FLASH QUOTIDIEN #27 – 21 avril 2020

Si une bulle « chiffre du jour » doit être ajoutée, cela peut être le « 13% » évoqué dans le premier point. 13% comme le poids du plan de relance budgétaire en relatif au PIB US si l’accord de principe va au bout.

Ou alors 2%, comme le un symbole d’un léger retour des tensions le 10 ans italien (second point).

LE PRAGMATISME AMERICAIN

Nous avons eu maintes occasions, en ces temps de crises, de souligner le pragmatisme américain… notamment dans le bilan tiré hier des mesures de soutien budgétaire et monétaire de part et d’autre de l’Atlantique. La soirée d’hier est une nouvelle fois venue corroborer un peu plus ce constat. Par la voix de la Présidente (démocrate) de la Chambre des Représentants, les responsables politiques américains ont renforcé le scénario de l’imminence d’un nouveau plan de relance budgétaire. Ainsi, un accord de principe aurait été trouvé avec le Sénat (à majorité républicaine). A l’évidence, chaque camp ne reste pas enfermé sur ses postures dogmatiques, la priorité étant donnée à l’obtention d’un résultat. Le nouveau plan serait cette fois doté de plus de 450 milliards de dollars, faisant passer l’effort budgétaire au chiffre stratosphérique de 13% du PIB ! Défendu bec et ongles par les républicains, l’idée d’une nouvelle mesure à destination des PME serait bien dans le plan, via une rallonge de 350 milliards de dollars… alors même que l’intégralité de la précédente enveloppe a déjà été utilisée. Les démocrates, partisans de mesures davantage tournées vers les collectivité locales et les hôpitaux, sont parvenus à obtenir un effort budgétaire à destinations des hôpitaux de 75 milliards de dollars selon Nancy Pelosi. Le plan devrait être voté dès mercredi. Pendant ce temps, l’Europe continue de négocier…

LE TEMPS PRESSE EN EUROPE…

Les dirigeants de l’Euroland continuent de chercher une solution. Même si la BCE a, comme nous avons pu le commenter, agi très rapidement pour assurer la solvabilité des Etats, le cas de l’Italie continue d’inquiéter les investisseurs. Le niveau du taux d’emprunt à 10 ans italien s’est ainsi rapproché de 2%, après être redescendu à 1.25% lors de la mise en place du « Pandemic Emergency Purchase Program ». Motif d’espoir, Angela Merkel semble prête à infléchir son dogmatisme économique. La chancelière allemande a pour la première fois admis l’idée qu’un soutien via des émissions de dettes de la Commission Européenne pourrait être nécessaire pour financer la reconstruction post épidémie. Comme nous avons pu l’évoquer, la solidarité entre les différents acteurs de l’Eurozone s’impose pour tenter de rivaliser avec l’action américaine. Pour rappel, le plan d’urgence italien n’est pour le moment doté que de 25 milliards d’euros… alors que la mise en place d’un nouveau plan plus ambitieux est défendu par les responsables politiques de l’autre côté des Pyrénées. Inutile de rappeler que le sommet des dirigeants européens du 23 avril sera scruté comme rarement par les investisseurs…

NON, LE PETROLE NE VAUT PAS RIEN !

Articles sensationnalistes et information ne font décidément pas bon ménage… La presse a effectivement relayé une information insolite qui s’est déroulée hier, expliquant que les cours du pétrole brut ont tellement baissé qu’ils ont atteint une valeur négative. Si une chute brutale des cours du pétrole a bien été enregistrée hier, la baisse ne concernait en réalité que les contrats à terme arrivant à échéance le jour-même, et non le prix réel du baril de brut. L’arrivée de l’échéance sur ce contrat à terme a en effet forcé tous ses détenteurs à chercher à s’en débarrasser coûte que coûte, au risque de se voir livrer sur le pas de leur porte un baril de pétrole pour chaque contrat détenu !

Le contrat suivant (juin) fait apparaître un cours de 20 dollars. De même, le cours du baril de Brent (référence européenne) a reculé mais se situe autour de 25 dollars. Les opérateurs ont vendu massivement le contrat arrivant à expiration (mai) sur le WTI (West Texas Intermediate – référence américaine) : si personne ne veut de pétrole, son cours vaut en théorie zéro.

En temps normal la question des échéances de contrats à terme sur le pétrole ne pose pas de problème, mais les entités qui portent habituellement ces contrats jusqu’au terme pour recevoir l’or noir et l’utiliser (principalement les groupes pétrochimiques) ont d’ores et déjà des stocks pleins à craquer ! En effet la baisse de la consommation de pétrole due aux mesures de confinement serait de l’ordre de 7% dans le monde ce qui, couplé à une production importante due aux rivalités arabo-russes, a alimenté la baisse des prix du pétrole (le vrai) dans le monde à des prix d’environ 20 dollars jusqu’à l’incident d’hier. Dans ces conditions, et pour parvenir à leurs fins, certains en ont même été réduits à… payer les acheteurs pour qu’ils acceptent de récupérer ces contrats à terme, d’où le prix affiché négatif des prix allant jusqu’à -37.63 dollars !

Notons que les contrats à échéance plus lointaine présentent des niveaux de prix qui paraissent plus « raisonnables » (32 dollars/baril en décembre 2020). Ce matin en Asie, le cours est revenu vers 0 dollar.

 

 

Fidèle à son habitude, le chroniqueur Thomas Veillet s’est livré dans son billet quotidien à son exercice de vulgarisation de l’actualité financière. Une lecture très enrichissante consacrée à cet épisode inédit sur l’or noir !

LE POINT COVID-19 DU JOUR

Le cap des 2,5 millions de contaminés dans le monde a été franchi ce jour, et les Etats-Unis semblent avoir stabilisé la courbe des nouveaux cas quotidiens, même si son niveau reste toujours élevé (entre 25 000 et 30 000 nouveaux cas par jour). Le bilan humain de l’épidémie dans le monde continue de s’alourdir, le virus a officiellement fait plus de 170 000 victimes dans le monde. A l’heure où les plans de déconfinement sont étudiés de près, la crainte d’une seconde vague de contaminations continue d’inciter certains à la plus grande prudence.

 

Principaux indices

 

Les indices actions tant en Europe mais plus encore aux USA maintiennent leur rebond des 15 derniers jours :

 

 

 

Cependant attention même si la volatilité risque sur les marchés boursiers a baissé, elle reste très importante, ce qui rend tout investissement encore incertain :

 

 

La différence de comportement entre les secteurs d’investissement reste importante. Les secteurs les plus touchés sont les banques, l’assurance, le pétrole et l’automobile :

 

 

*Performance calculée sur les cours du 21/04/2020 à 17h30 heure française.

Revue de presse